Series Paradise :: Le blog des co-fonds

Critiques et chroniques sur les séries télévisées, tant sur les nouveautés que sur les séries cultes.

15 février 2007

C'est le Destin de Lisaaaaaaa... (air connu)

blog_lisa

        On ne lui prédisait pas un avenir exceptionnel... Après tout, rares sont les séries allemandes qui survivent bien longtemps dans notre hexagone, mis à part Derrick qui, 33 ans après sa création, vient toujours nous aider à digérer tous les après-midi à 13h45. Plus rares encore sont les séries allemandes qui obtiennent des audiences correctes et tiennent bon. Et pourtant, Lisa défie chaque jour la concurrence des autres chaînes et s'accroche ferme dans le top de sa case horaire. 2,5 millions de téléspectateurs ont suivi ses débuts. 5 semaines plus tard, la série s'offre le luxe de descendre d'une heure dans la grille de TF1, en passant à 17h25, et ce, grâce aux excellentes audiences qu'elle enregistre auprès des ménagères de moins de 50 ans (la fameuse cible préférée des annonceurs).

        Au vu de ces brillants résultats, je n'ai pas résisté à l'envie de faire mon big coming-out : oui, je regarde Le Destin de Lisa, oui, j'apprécie cette heure de détente, oui, il m'arrive de me presser sur le chemin du retour de la fac pour ne pas manquer le début, et non, je n'ai plus honte de ça. C'est mon guilty pleasure comme ils disent chez nos copains d'outre-Atlantique. Pourquoi ai-je regardé, en premier lieu, cette série ? Eh bien, disons que je voulais voir comment les Allemands massacraient l'excellente Ugly Betty, avant de me rendre compte qu'en réalité, les deux séries sont inspirées de Yo Soy Betty La Fea. Bref, j'ai goûté et depuis, je n'ai pas lâché.

       Des Lisa, on en rencontre à tous les stades de notre vie. Mais oui, vous savez, ces filles qui détonnent toujours dans le décor, et à qui vous auriez bien envie de lancer des tomates pourries si elle n'affichait pas cet air de chien battu en permanence. A l'école primaire, Lisa, c'est la gamine qui porte des collants en laine blancs, avec un trou au niveau du genou parce que la terreur ambulante l'a poussée du tobogan. Au collège, on la retrouve avec des lunettes en forme de hublots, une frange énorme et une queue de cheval mal centrée. Au lycée, elle a encore ses magnifiques lunettes, et se balade désormais en arborant un appareil dentaire qui lui donne un sourire de chemin de fer. Elle n'a pas changé de collants, qui s'accompagnent à présent d'une jupe mi-longue en housse de canapé mêlée de rideau de cuisine, et d'un gilet des années 50.

        Lisa, c'est la fille avec qui on peut devenir copine en deux minutes, parce qu'elle est prête à se mettre en 4 pour nous faire plaisir. Lisa, c'est la tête-de-turc des frimeurs, qui ont besoin de quelqu'un de faible pour asseoir leur puissance. Lisa, c'est la fille qui tombe pour tous les bourreaux des coeurs, du moment qu'elle sait - au moins inconsciemment - qu'elle n'a aucune chance avec eux. Lisa, c'est ma voisine de quand j'étais petite et avec qui je jouais à l'instit le dimanche après-midi (sauf qu'elle ne portait pas d'appareil dentaire à l'époque).

       Voilà, Lisa c'est tout ça... Alors quand elle est portée à l'écran et qu'en plus, elle est l'héroïne de la série qui porte son nom, forcément elle nous touche parce que nous avons tous rencontré une Lisa à un stade de notre vie. Bien sûr, Le Destin de Lisa est loin d'être un chef d'oeuvre du petit écran. L'histoire rebondit moins qu'une tasse sur du carrelage, les cliffhangers palpitent à peu près autant que ceux de 7 à la Maison et les personnages ont l'épaisseur d'une boîte de conserve passée sous un rouleau compresseur. Mais il faut bien admettre que les épisodes sont plaisants à suivre : pas de prise de tête inutile, quelques rires ça et là pour se moquer - gentiment toujours - de la pauvre héroïne... En clair, un moment agréable à passer, qui nous rassure par la même occasion : "Non, je ne suis pas aussi grave. Je n'aurais jamais mis un gilet vert caca d'oie avec une jupe jaune." :p

Posté par Sarah Vauzelle à 09:55 - Critiques de séries - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 février 2007

Primeval ou la série qui aurait donné un orgasme à Ross

Attention : cet article contient des spoilers sur l'épisode 01x01

blog_primeval

 

        Les Anglais sont passés maîtres dans l'art des séries comiques, nous le savons depuis un moment. Mais ce que nous savons déjà moins, c'est qu'ils maîtrisent aussi d'autres genres. Depuis hier soir, Primeval a débarqué sur les écrans d'iTV1, et autant dire que cette nouvelle série de science-fiction risque de faire jaser, chez nos amis british, et chez nous également, lorsque nos chaînes en auront acquis les droits. Quel dommage que Friends soit fini, je suis sûre que Chandler aurait trouvé une excellente boutade pour taquiner Ross !

        Tout commence lorsqu'un journaliste publie un article avec, en photo, un dinosaure, un peu sombre et flou, mais dont la forme ne trompe pas, et qui attire la curiosité de Nick Cutter. Celui-ci se rend avec son assistant et l'un de ses étudiants (qu'il n'avait jamais vu, du reste), sur les lieux de cette mystérieuse apparition. Un peu dubitatif au début, il se laisse finalement convaincre lorsqu'il tombe nez-à-nez avec... un dinosaure. Entre temps, il a rencontré Abby l'amoureuse des lézards, Claudia la fonctionnaire et le très irritant James Lester, employé du gouvernement.

        Ils découvrent alors une sorte de portail spatio-temporel (pas exactement comme la porte des étoiles, mais pas loin), grâce auquel ils peuvent aller et venir à volonté entre leur époque et celle des dinosaures. Mais le portail nécessite visiblement une bonne dose d'énergie, et il disparaît... temporairement, je suppose.

       Le point de départ de Primeval est assez convenu, il faut bien l'admettre : un phénomène étrange, presque surnaturel, se produit ; on fait appel à un brillant professeur pour résoudre le mystère ; on ajoute quelques séances de course-poursuite entre les dinosaures et les humains, même quelques batailles, pour pimenter le tout, et le tour est joué. Ah oui, j'oubliais : l'éternelle amitié entre un des p'tits dinos et les personnages. Un peu de sentimentalisme n'a jamais blessé personne.

        Par ailleurs, le début de l'épisode se met en place un peu trop lentement, au point que l'on manque à plusieurs reprise d'arrêter. Mais tenons bon... un nouveau pilote, ça se regarde en entier, et certaines séries ont besoin de passer un certain cap pour acquérir le rythme voulu. Et ouf, cela se produit à la moitié de l'épisode. Une fois que l'on a fait la connaissance de tous les personnages, que l'on sait lesquels on va aimer, lesquels on aura envie de baffer, une fois que le mystère a été élucidé et qu'il ne reste plus qu'à découvrir où les scénaristes veulent nous emmener, alors la série prend son envol. Nous voilà parti pour un joli voyage dans le temps où l'on se rend compte, avec nostalgie, qu'une terre sans construction et verdoyante de vie recèle un charme indéniable.

        Après moultes rebondissements et une belle bataille contre le dinosaure carnivore, l'épisode s'achève sur un autre mystère : qu'est-ce-que c'est que cet escargot géant qui a été déposé sur la table du professeur ? Et, plus important encore : qui l'a déposé là ? N'appelons pas cela un cliffhanger (je ne voudrais pas causer une crise cardiaque à JJ), seulement une gentille invitation à revenir la semaine prochaine.

Posté par Sarah Vauzelle à 15:39 - Critiques de séries - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 janvier 2007

[DIRT] La presse n'aime pas... moi si. Et alors ?


blog_dirt


        Je pense que tout le monde ou presque sur cette planète a eu vent du grand retour de Courteney Cox sur le petit écran, en particulier les accros de séries télévisées qui, comme tous fans dignes de ce nom, creusent le net dans ses moindres recoins à l'affût de la dernière information. On excusera, à la limite, les haïsseurs chroniques de "7 à la Maison" qui se sont exilés sur Pluton à l'annonce du renouvellement de la série (message pour eux : ne revenez pas, c'est toujours aussi nul). Bref, donc, le 2 janvier, Dirt a fait ses premiers pas sur FX, après des mois et des mois de tapage publicitaire.

        Au final, les journalistes ne tarissent pas de critiques sur cette petite dernière, au point que, malgré les 3,5 millions de téléspectateurs présents au rendez-vous, même le président de la chaîne a déclaré : "Dirt sucks", autrement dit, "Dirt, c'est nul." Bien entendu, il n'a pas manqué d'assurer que cela allait s'améliorer dès le 5e épisode, mais le mal est fait : la version officielle, c'est que "Dirt sucks". J'ai d'ailleurs eu l'occasion de visiter quelques sites/blogs pour recueillir quelques impressions sur les deux premiers épisodes, et tout le monde reprend gentiment en coeur, mis à part une ou deux exceptions, que la série n'est pas à la hauteur des attentes.

        Les Américains seraient-ils devenus prudes ? Frigides ? Ou sont-ils encore plus pervers et voyeuristes que ce que j'imaginais ? Il faut l'admettre, Dirt ne ressemble à rien de ce que l'on a vu à la télévision, et en même temps, elle cumule tous les ressorts dramatiques des genres exploités à présent. En regardant les premiers épisodes, on a l'impression de passer de cliché en cliché, de revoir ce que l'on a déjà vu mille fois, et on se demande même si tout ceci n'est pas une grande blague. Mais la série se prend réellement au sérieux. Trop, sûrement, et c'est là son défaut majeur : pas le moindre gramme d'humour, ni d'auto-dérision. Quelle prétention !

    Pause.   

        Vous croyez vraiment que je suis sérieuse en écrivant cela ? Vous pensez que je vais déblatérer sur le pourquoi du comment Dirt mérite le non-succès critique qu'elle obtient ? Regardez le titre, s'il vous plaît, et suivez un peu. Ce que j'essayais de montrer dans le paragraphe précédent, c'est qu'il est extrêmement facile d'utiliser n'importe quel élément d'une série pour la démonter pièce par pièce, en cachant bien soigneusement toutes les qualités qui pourraient la défendre.

        Laissez-moi vous posez une toute petite question : est-ce que vous croyez sincèrement qu'une série télévisée réalisée dans un monde de strass et de paillettes traitant précisément de ce monde de stars et de journaux à scandales pourrait imaginer proposer une intrigue sérieuse ? Alors oui, c'est vrai, les dialogues ne contiennent pas vraiment d'humour, oui, les intrigues sont d'une perversité choquante, oui, l'état d'esprit de la série peut donner envie de vomir. Mais celui qui croit que les photos de Kate Moss avec les yeux exorbités, le maquillage dégoulinant, visiblement droguée, ont été prises grâcieusement, est bien naïf... Et pourtant, le monde s'en délecte chaque jour, et ce, dans tous les pays du monde.

       Sachons, donc, reconnaître les qualités indéniables de cette série. Outre la musique qui reflète à la perfection l'histoire, les scènes sont remarquablement filmées, et l'esthétique des images est à couper le souffle. Malgré l'univers sombre où se déroule l'action, la lumière offre un éclairage très particulier : à la fois glauque et chaleureux. Confusion bizarre, il est vrai, due à un élément central : le mélange des couleurs froides (le blanc qui agresse presque les yeux) et des couleurs chaudes (le rouge). Pour virer vers la métaphore qui en découle, les intrigues sont également construites sur cette curieuse dualité : d'un côté, l'ambiance bon enfant des bureaux des magazines, de l'autre, le monde froid où les sentiments laissent place au fric puant. Beau tableau de cet univers qui nous fait rêver, pas vrai ?

        Mais la qualité incontestable de Dirt, c'est la performance hallucinante de Courteney Cox, dans le rôle de la rédactrice en chef Lucy Spiller. Rassurez-vous, je ne vais pas commencer un éloge interminable de Mrs Arquette, même si ça me tente bien (oh tiens, d'ailleurs, vous avez remarqué, dans Friends elle était créditée en tant que "Courteney Cox-Arquette", à partir de la saison 6 et là c'est "Courteney Cox"). Il faut tout de même saluer ce jeu à mille lieues de Monica (dans Friends, pour ceux qui ne sont pas attentifs à ce que je raconte), dont même la voix se distigue tout à fait, et qui illumine en permanence l'écran. Au passage, une petite question me trotte dans la tête : si Monica et Lucy se rencontraient, est-ce qu'elles s'apprécieraient ? A méditer...

        Ce que j'essaie de vous dire, en clair, c'est qu'il ne faut pas tout jeter en bloc sous prétexte que l'on ne comprend pas où une série veut en venir. J'aurais encore plein de choses à mentionner pour faire changer d'avis ceux qui n'ont pas accroché, comme la drôlitude du personnage schizo de Don Konkey (dont le nom me rappelle systématiquement Donkey Kong et par extension, King Kong), complètement à la ramasse, le pauvre gars ; ou encore les textos envoyés sur le "Treo" (chat de la boîte), qui m'ont fait hurler de rire lorsque Lucy les lit...

       Mon conseil ? Essayez donc de regarder à nouveau les premiers épisodes au deuxième, voire quatrième degré, et avec le recul d'une personne consciente que ce qu'elle regarde n'a aucune prétention "whatsoever". Vous verrez que son essence réside dans son auto-dérision... Délectable !

        Allez, cadeaux pour vous, de magnifiques photos de la série :

Posté par Sarah Vauzelle à 19:16 - Critiques de séries - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1