26 février 2008
Le paradoxe des stars dans les séries
Dans quel monde vivent les personnages de séries ? Le nôtre ou un univers parallèle ? Pourquoi font-ils référence à des événements que nous vivons mais ne reconnaissent-ils pas les acteurs qui viennent interpréter un personnage ?
Qui n'a pas retenu un "ooooh", en voyant Brad Pitt débarquer dans
l'épisode 9 de la huitième saison de 'Friends' ? Le public qui a
assisté au tournage de l'épisode crie, d'ailleurs, à son arrivée en
applaudissant. Et pourtant, aucun des personnages ne reconnaît l'acteur
et ils l'appellent tous Will !!! N'ont-ils pas suivi l'actualité people
? Son mariage avec Jennifer Aniston en juillet 2000 ? On admettra que
l'actrice n'existe pas dans leur univers, après tout elle est devenue
célèbre grâce à 'Friends', mais Brad Pitt, en 2001 !? Ils connaissent
pourtant bien Jean-Claude VanDamme, dans l'épisode 13 de la saison 2…
Quel est donc ce monde de fous où Jean-Claude VanDamme est une star
mais pas Brad Pitt ?
Dans 'Sex & the City', même refrain, voire pire. Lors d'un voyage à Los Angeles, Carrie Bradshaw rencontre successivement Matthew McConaughey, dans son propre rôle, et Vince Vaughn - appelé pour l'occasion Keith Travers. Et elle ne s'étonne même pas de la ressemblance entre ce personnage et l'acteur de 'The Cell'. Certes, Vaughn ne jouissait pas encore de la notoriété qu'il connaît actuellement mais il ne s'est jamais appelé Keith Travers ! Toujours lors du même voyage, Carrie - l'inculte du show-biz, visiblement - fait la connaissance de Debbie, interprétée par… Sarah Michelle Gellar. Passe encore que la chroniqueuse n'ait pas vu Vince Vaughn dans 'The Cell', mais elle n'a pas pu passer à côté de 'Buffy contre les Vampires'. D'autant plus que la série a débuté un an avant 'Sex & the City'. Samantha sait pourtant bien qui est Lucy Liu, révélée par 'Ally McBeal', dans l'épisode 11 de la saison 4. Paradoxe, paradoxe, quand tu nous tiens…
Et la liste ne s'arrête pas là. Tout récemment, 'Cashmere Mafia' a recommencé dans la même lignée. Dès le pilote, la supérieure hiérarchique de Caitlin, qui travaille dans un magazine, propose un numéro consacré aux femmes gays célèbres et suggère Portia de Rossi en couverture (oui, pour ceux qui n'ont pas tilté, Portia se prononce "Porchia" en anglais). Caitlin ne s'étonne pas en demandant : hein ? que ? quoi ? qui c'est celle-là ? Elle sait exactement de qui il s'agit. De l'actrice qui s'est illustrée dans le rôle de Nelle Porter, dès la deuxième saison d''Ally McBeal'. Mais, mais, mais… sa propre meilleure amie, Dylan, n'est-elle pas le clone exact de Lucy Liu, Ling dans la série comique de la Fox ? Caitlin ne fait pas le rapprochement : Ling ne doit certainement pas exister dans son univers. Mais alors qui a permis à Nelle de faire venir Barry White pour l'anniversaire de John Cage ? Le cercle est sans fin…
Philosophie de gare, réflexion pseudo-intelligente de cafés ou casse-tête inutile, puisque insolvable, le fait est que les séries ne s'inscrivent pas exactement dans le monde dans lequel nous vivons… pas quand cela les arrange, en tout cas. Quoiqu'il en soit, sur quelle planète normalement constituée, George O'Malley de 'Grey's Anatomy' se taperait-il une Olivia, une Meredith, une Callie et, surtout, une Izzie, en moins de trois ans ? Pas la nôtre, c'est sûr !
Cachez ces lesbiennes que je ne saurais voir…
Attention, l'article suivant peut être considéré comme politiquement incorrect par les chaînes nationales américaines… Accessoirement, il contient des spoilers sur les saisons 5 de 'Nip/Tuck', 1 de 'Cashmere Mafia', et 1 de 'Dirt'
L'homosexualité est un thème de mieux en mieux développé dans les séries télévisées du prime time, les chaînes ne craignent plus de montrer à l'écran des scènes physiques entre deux personnages du même sexe. Toutefois, les shows des networks nationaux restent timide vis-à-vis des lesbiennes, comme si le sujet de l'homosexualité restait tabou pour les femmes.
'Desperate Housewives', 'Brothers & Sisters', 'Ugly Betty', 'Dirty Sexy Money', 'How I Met Your Mother'… les personnages masculins homosexuels ne se comptent plus sur les doigts d'une main, dans les séries télévisées américaines. Depuis Steven Carrigton dans 'Dynastie', premier personnage gay récurrent de la télévision, et Matt Fielding dans 'Melrose Place', premier homosexuel d'un show de prime time, les gays ont réussi à s'imposer de façon très positive. La Gay and Lesbian Alliance against Defamation (GLAAD) récompense chaque année les programmes et acteurs qui offrent aux homosexuels la meilleure visibilité. En la matière, ABC décroche toujours la palme : presque toutes ses séries représentent l'homosexualité et défendent le droit des gays d'une façon ou d'une autre.
Cependant, dans les shows actuellement diffusés en prime time sur un network national, seule une série met en scène une lesbienne : Caitlin dans 'Cashmere Mafia'. Mais son histoire et ses scènes n'ont rien de comparable avec celles des personnages masculins… loin de là. La jeune femme se découvre lesbienne par hasard, lorsqu'elle se sent attirée par l'une de ses partenaires de business. Elle se cherche alors et connaît une véritable crise d'identité sexuelle qui la fait vite revenir vers les hommes, comme si c'était plus sûr. Quant à l'autre femme avec qui elle entretient une relation homosexuelle, son rôle demeure secondaire et elle quitte la série au bout de quelques épisodes. Les scènes qu'elles ont ensemble sont, en outre, très pudiques, toujours dans des lieux plus ou moins publics, pour ne pas aller trop loin. L'idée même de femmes lesbiennes a-t-elle heurté la sensibilité des Américains ? Ils ont boudé 'Cashmere Mafia' dès le début et la série est en voie d'être annulée.
Ce n'est, bien sûr, pas la première fois que des lesbiennes ont droit à quelques secondes du prime time sur les networks nationaux. N'oublions pas le personnage d''Ellen', interprété par Ellen DeGeneres, qui fit son coming-out dans la série en même temps que dans la vie, en 1997. On se souvient aussi en souriant des baisers d'Ally/Ling, Ally/Georgie et Ally/Elaine dans 'Ally McBeal', de Carol dans 'Friends', la première épouse de Ross, qui l'a quitté pour une femme, ou encore du personnage d'Original Cindy dans 'Dark Angel'. Mais on se rappelle aussi que les réalisateurs de 'Friends' n'ont pas montré à l'écran le baiser d'une minute entre Rachel et Monica, qui leur a permis de récupérer leur appartement : "ça valait le coup", pourtant, selon les mots de Joey et Chandler.
On aurait également espéré sentir une certaine tension sexuelle entre les personnages de Jamie Summers et de Sarah Corvus, dans la nouvelle version de 'Bionic Woman', qui aurait pu donner du piment à l'intrigue, mais à cause de l'annulation rapide de la série et du charisme de calamar de Michelle Ryan, il n'en fut rien. Ce n'était pas faute de compter au casting une icône lesbienne de la télévision, Katee Sackhoff (hétérosexuelle à la ville).
Pour voir de vrais personnages lesbiens, il faut alors se tourner du côté des chaînes câblées, toutefois là encore, le bilan s'avère décevant. Mis à part dans 'The L Word' où la plupart des femmes sont homosexuelles (remarquez, au passage, que le spectateur est prévenu dès le titre de la série à quoi s'attendre) et dans 'Buffy contre les Vampires' qui a donné vie au couple de Willow et Tara, culte dans la communauté gay, les shows ne mettent pas en scène de lesbienne de façon régulière.
Certains m'opposeront 'Xena, la guerrière', dont les deux personnages principaux, Xena et Gabrielle, entretiennent de façon assez évidente une relation homosexuelle : ce qui a rendu leur histoire aussi fascinante, c'est le subtext, autrement dit rien n'a jamais été montré à l'écran que deux baisers, le reste étant sous-entendu, suggéré. De son côté, 'Nip/Tuck' a, certes, défrayé la chronique (une fois de plus) avec les scènes explicites de Portia de Rossi (homosexuelle à la ville) et Joely Richardson dans la saison 5, mais Julia est vite revenue dans les bras de Christian. Saluons, tout de même, pour finir, le changement de bord temporaire de Samantha dans 'Sex & the City', et le baiser de Lucy Spiller et Tina Harrod dans la première saison de 'Dirt'… celui que les fans de 'Friends' auraient voulu voir entre Courteney Cox (Monica) et Jennifer Aniston (Rachel).
Alors, les scénaristes des séries restent-ils pudiques au sujet des lesbiennes ou ont-ils peur d'admettre que les hommes ne sont pas indispensables au bonheur des femmes ? La question reste entière… un commentaire, les gars ?
04 juillet 2007
Gilmore Girls : le bilan de 7 années
Attention, cet article contient des spoilers sur toute la série jusqu'au final.
'Gilmore Girls' est peu connue en France mais elle a rencontré un immense succès dans le monde entier. Il faut avouer que cette série connaît depuis ses débuts une qualité incomparable dans le genre… 'Gilmore Girls' est qualifiée par certains comme « drama », pour d’autre c’est une comédie : il est impossible de se mettre d’accord, puisque cette série ne peut pas être enfermée dans une catégorie… elle est un peu « touche à tout ». En 7 ans, 'Gilmore Girls' a fait pleurer, rire, réfléchir des millions de personnes à travers le globe… Revenons sur ces 7 saisons (en avance rapide).
La saison 1 est l’introduction dans ce monde bien à part qu’est 'Gilmore Girls'. On se retrouve dans une ville, Stars Hollow, où vient des personnes bien peu communes : je ne citerais que Kirk, Mademoiselle Patty, Babeth ou encore Taylor ! On ne les voit jamais en-dehors de la ville, c’est comme s’ils faisaient tous partie du décor. Ensuite, il y a les proches de nos héroïnes : le charmant et serviable Luke, la coréenne américanisée Lane, la rigolote Sookie et le ronchon Michel. On assiste à l’entrée de Rory à Chilton, et par la même occasion le rapprochement de Lorelaï et de ses parents. Dans cette saison, Rory a 16 ans – soit l’âge auquel Lorelaï l’a eue – et a un petit ami, le gentil et beau Dean.
La saison 2 rime avec Jess ! Le neveu de Luke est en ville ce qui pimente la petite vie quotidienne des habitants… Un triangle amoureux se forme entre Dean, Rory et Jess. Le cœur de la jeune fille balance entre le rebelle et le gentil garçon : elle embrassera même Jess dans le dernier épisode, au grand damne des fans de Dean. Pendant ce temps, la relation de Lorelaï et Luke évolue : ils sont capables de se disputer ! Et oui ! Sookie se marie avec Jakson… bref les petits oiseaux chantent pour eux. Mme Kim, la mère de Lane, est toujours aussi stricte mais elle a bon cœur, on le sait.
Dans la 3e saison, le triangle amoureux continue et il commence à durer trop longtemps, on s’en lasse ! Que Rory choisisse entre les deux garçons une bonne fois pour toute ! Bon au bout de 7 épisodes, Amy comprend et arrête notre souffrance là : Rory et Dean sont enfin séparés et la jeune fille a choisi le rebelle… bon leur amourette est sympa mais ne dura pas très longtemps (jusqu’à la fin de la saison), dommage ils étaient fait l’un pour l’autre. Lorelaï est toujours aveugle en ce qui concerne sa relation avec Luke… bon sang ! La fin de la saison marque la fin du lycée pour Rory… elle ira à Yale.
La saison 4 : une nouvelle vie pour Rory. La jeune fille habite alors sur le campus, ce qui l’éloigne de sa mère. Lorelaï va se rapprocher de sa mère et de Luke. A la fin de la saison, ce dernier prend enfin les choses en main et déclare sa flamme à Lorelaï ! Pfiou après 4 ans de souffrance et suspens pour les fans, c’est pas trop tôt. Dean couche avec Rory alors qu’il est marié… la première fois de Rory est ratée ; en plus sa mère n’est pas du tout d’accord. Lane emménage avec les garçons, et n’a presque plus de contact avec Madame Kim… La relation la plus bizarre de la saison sera Paris avec son prof, yeurk ! Un grand moment de la saison : l’ouverture de l’auberge de Sookie et Lorelaï, la Libellule.
La 6e saison s’annonce beaucoup moins 'Gilmore Girls' puisque la relation des deux héroïnes est brisée. Les épisodes où la mère et la fille sont éloignées sont beaucoup moins intéressants, amusants… Amy (la créatrice de la série) renouera les liens entre les deux rapidement, au grand bonheur des fans. Alors que Luke est engagé avec Lorelaï pour un superbe mariage, il découvre qu’il a une fille… ce qui va compliquer l’union des deux tourtereaux : Lorelaï met un ultimatum, soit ils se marient, soit ils rompent. La 2e solution sera adoptée. Le lendemain matin, elle se réveille dans le lit de Christopher – aaaah le retour !
La dernière saison n’est plus du tout la même puisque Amy Sherman-Palladino et son mari ne sont plus à la tête de la série. La qualité baisse mais reste toutefois convenable. Durant cette saison, Christopher prend une place importante en se mariant à Lorelaï : Oh My God ! Luke est passé à la trappe si vite ! Rory continue sa relation avec Logan, il finira pas la demander en mariage… elle refusera et ils rompront ! snif snif. Une fois le divorce annoncé, Lorelaï renoue avec Luke et ils finiront évidemment ensemble.. bref tout va bien qui finit bien. Cette dernière saison est beaucoup trop riche en rebondissement pour être bonne, car ça déborde unepeu trop vers le SOAP pour certains épisodes…
'Gilmore Girls' est une série fantastique, avec des personnages extraordinaires qui ont tous une vraie personnalité. La qualité est exceptionnelle, Amy Sherman-Palladino a fait un travail remarquable jusqu’à la saison 6. La série ne s’est pas terminée dans les meilleurs termes mais ça aurait pû être pire. On espère cependant un téléfilm pour cloturer comme il se doit la série, avec Amy aux commandes. Si vous ne connaissez pas 'Gilmore Girls' (bon vous venez de vous prendre tous les spoilers dans la tête…), il faut vraiment vous y mettre, elle vaut le détour. Dommage qu’aucune chaîne française hertzienne ne la diffuse.
18 mars 2007
Her So-Called Life… Our So-Called Life
Aujourd’hui je vais déblatérer d’une assez vieille série : My So-Called Life ou Angela, 15 ans, pour le titre français (qui, soit dit en passant, enlève tout son sens au titre original). Pourquoi cette série maintenant ? Tout simplement parce que je m’y suis remis ! Peut-être de la nostalgie de ma jeunesse.. Et oui, car je n’avais même pas 10 ans quand la série a été crée en 1994 (j’en était même loin de mes 10 ans). Mais bref, on s’en fou… je suis là pour parler de cette superbe série !
Donc pourquoi re-regarder My So-Called Life ou la découvrir ? Tout simplement parce qu’elle est géniale ! Elle a peut-être plus de 10 ans, mais le thème principal est toujours le même : l’adolescence. Et en 10 ans, on ne peut pas dire que les ados ont vraiment changé. Ok, les vêtements des jeunes dans la série laissent à désirer, mais bon, les années 90 ne sont pas vraiment connus pour un goût vestimentaire hors du commun (tout comme les 80 d’ailleurs). Angela, 15 ans est une série intelligente pour jeune ! Et, on peut dire qu’il n’y en a pas eu beaucoup de ce genre… Quoi ? Vous croyez que c’était un genre de Beverly Hills ? Hors de ma vue, jeunes fous !
La série nous est raconté par Angela, elle-même, qui nous raconte ses états d’âme à propos de sa vie, de sa famille, de ses amis, de l’école, de l’amour… de tout quoi ! C’est comme si Angela écrivait à son journal intime, en fait, nous sommes son journal intime. Et même si j’ai dépassé le stade des 15 ans, je me retrouve quand même dans les pensées de la jeune fille. Quand elle est triste, je le suis ; quand elle pleure, je pleure – ou presque - devant mon écran ; quand elle rit, je rit aussi ; quand elle se sent bête, j’ai honte pour elle. C’est fou l’interactivité qu’il y a dans cette série. Je me surprend en regardant les épisodes à parler toute seule, à rire, à me cacher derrière mes mains pour elle… Bref, on se sent elle car tout ce qui est traité dans la série est vrai ! On l’a tous au moins vécu une fois, si ce n’est pas plus. Ce n’est pas comme ces histoires tirées par les cheveux que l’on retrouve dans certaines séries : meurtres, trahisons et j’en passe. My So-Called Life traite vraiment de l’adolescence : pourquoi n’est-on plus aussi proche de son père ? Pourquoi notre mère nous insupporte-t-elle ? Pourquoi me suis-je éloignée de mon amie d’enfance ? Autant de question qui ont aussi leur place dans nos vie, ou qui l’ont eu.
Que dire de plus ? A part qu’il y a aussi des acteurs formidables qui ont été découverts grâce à cette série : Claire Danes retransmet les sentiments de son personnages à merveille, le charme de Jared Leto passe à travers l’écran et on attend tout autant qu’Angela de le voir débarquer au coin du couloir du lycée, le dévergondage du personnage de A.J Langer nous corromps aussi… Bref : des acteurs, des vrais, qui savent jouer. La série c’est aussi un univers, celui des 90’s. En regardant les épisodes, j’ai l’impression d’être de retour dans le passé et c’est en parti grâce à la musique, sélectionnée avec choix : REM, les Cranberries, les Ramones, TLC… je m’attends presque à entendre un petit Nirvana ou encore un Offspring ! Et puis, il y a Jared Leto qui chante… si, si, il chante… et très bien ! Comment oublier la magnifique « Red »… Bref, ça retransmet tout à fait l’atmosphère de l’Amérique des années 90.
Alors j’espère que vous savez pourquoi il faut regarder ou re-regarder My So-Called Life : c’était un petit bijoux de la télévision. Bien qu’elle n’ait duré que 19 épisodes, la série a touché une génération. Je vous conseille vraiment de savourer cette série même si tout autant que moi vous allez redouter et envier le visionnage du 19e épisode. Car il faudra s’y résoudre : il n’y aurait plus d’épisode de la série. Vous aurez beau allumer votre écran, il n’y aura pas de nouvel épisode et c’est bien dommage.
Savourez My So-Called Life même si le plaisir n’aura pas duré longtemps, au moins il aura été là !
Séries, vous que nous aimons...
A l'heure où l'économie des séries télévisées a dépassé celle du cinéma et où le grand écran connaît de nombreuses adaptations d'œuvres du petit, Abdessamed Sahali et les Editions Timée proposent aux fans "Séries Cultes, l'Autre Hollywood". Dans ce tout nouvel ouvrage, le journaliste présente une cinquantaine de séries, de Zorro à Desperate Housewives en passant par Happy Days, Nip/Tuck, Battlestar Galactica ou encore Buffy.
Au niveau organisationnel, Séries Cultes se divise en 7 parties, composées chacune de séries d'hier et d'aujourd'hui qui mettent en exergue l'évolution de la création au sein des genres. Elles montrent à la fois combien la nouvelle vague s'inspire de ses ancêtres, et comment elle s'en détache pour apporter une inspiration fraîche dans la créativité. Abdessamed Sahali analyse en profondeur les raisons de l'échec ou du succès des séries, avec le recul et la perspicacité d'un véritable spécialiste.
Ici, pas question de se contenter d'une fiche technique rébarbative, énumérant les noms des membres de l'équipe, les titres des épisodes ou les audiences réalisées. La richesse du livre repose sur les petits détails, ces secrets de fabrication ou de tournage qui offrent un inside look. Saviez-vous, par exemple, que Star Trek devait sa deuxième puis sa troisième saisons aux courriers de fans à NBC, et qu'elle a frôlé l'annulation par deux fois ? Ou bien que Mission : Impossible a changé de chef sans explication à cause des contraintes liées aux pratiques religieuses de l'acteur ?
On peut, cependant, reprocher à Séries Cultes de trop s'attarder sur certains faits, qui se révèlent, au final, réducteur pour la présentation de certaines séries. Friends, notamment, se voit limitée à son simple aspect financier : le fait que tous les acteurs se sont alliés pour obtenir des salaires équivalents, contraires aux souhaits des producteurs. Il me semble tout de même que derrière dix ans d'une sitcom aussi culte se cache plus qu'une simple histoire d'argent, bien que, comme il en est très justement fait mention, la série soit une "véritable machine à cash".
De même, consacrer le premier tiers de la page de Buffy au nanar Buffy, tueuse de vampire, avant de définir le succès de l'excellente série par le nombre de fanfictions qui en découlent, manque terriblement de pertinence, et même les fans les plus acharnés (dont je fais partie) ne s'y reconnaissent pas.
Toutefois, ne boudons pas notre plaisir. Séries Cultes se lit comme une belle histoire retraçant les jalons clés que les œuvres devenues cultes ont déposés au fil des années. D'un style très clair et agréable, il regorge de petits éléments dont se délectent les accros, tout en s'adressant à un public large, y compris aux non-spécialistes, en commençant la grande majorité des fiches par la naissance de la série en question. Notons, enfin, les magnifiques illustrations qui nous permettent de nous plonger ou replonger dans l'univers de chaque série.
Bilan: Séries Cultes répond à un choix délibéré de l'auteur de ne pas écrire un Xième ouvrage répertoriant les principales séries de l'histoire et suit sa ligne éditoriale de bout en bout. A découvrir absolument par tous les fans de séries...
A PROPOS DE L'AUTEUR
Abdessamed Sahali est journaliste. Spécialisé dans les sujets culturels et de société et passionné par les séries TV américaines, il en dresse un portrait original et insolite, où les fictions télévisuelles deviennent les pâles reflets de la société américaine.
DETAILS TECHNIQUES
Broché: 141 pages
Editeur: Timée-Editions (8 février 2007)
Collection: Les 50 plus belles histoires
Langue: Français
ISBN-10: 2915586845
ISBN-13: 978-2915586848
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25 février 2007
The OC/Newport Beach : le bilan
Attention, cet article contient des spoilers sur toute la série jusqu'au final.
Au départ, quand The OC a été présenté par la FOX comme le nouveau Beverly Hills 90210, c'était pas vraiment gagné pour devenir un succès critique. Pourtant, sa première saison est un vent de fraicheur au niveau des soaps : ils ne se prennent pas du tout au sérieux et des répliques de qualité sont au rendez-vous. De guilty pleasure (cette série qu'on aime regarder mais qu'on ne veut pas avouer à son entourage), la série est passée au niveau de succès critique. Les acteurs sont devenus les cibles de la presse people et certains geeks rêvaient de devenir Seth Cohen.
En saison 1, j'avais adoré Julie Cooper-Nichols. Elle est la manipulatrice de service et j'attendais avec impatience son prochain coup foireux. Il y avait aussi le triangle amoureux très bien géré entre Summer-Seth-Anna qui au lieu d'être pathétique était amusant à souhait. Il y a eu une histoire pourrie avec Oliver et Marissa mais comme beaucoup de série, il faut faire avec ses boulets et Marissa ne pouvait que tirer la série vers le bas. Heureusement qu'il n'y avait pas qu'elle. La fin de saison se termine en succès sur la Fox avec Ryan qui part à Chino avec son ex enceinte de lui et dont il n'est pas amoureux. Seth ne peut pas supporter de vivre sans son nouveau frère après l'année qu'il a vécu et s'enfuit en laissant Summer, la fille qu'il a toujours aimé. Le créateur Josh Schwarz déclare qu'il avait tout raconté en saison 1 et qu'il n'y avait plus rien. Alors info ou intox ?
C'était une info. La saison 2 se tourne plutôt vers le drama en laissant le côté amusant qu'il avait développé. C'est pas très beau à voir avec quelques triangles amoureux assez foireux Zack-Summer-Seth, Marissa-Alex-Ryan, Summer-Seth-Alex. Les nouveaux arrivés sont des boulets et les histoires traînent. Beaucoup se sont demandé ce qu'était devenue leur série. Marissa avec son alcool était de plus en plus pathétique. Les parents avaient aussi une histoire mais elle ne m'a pas vraiment marquée. Des évènements très soapesque sont arrivés mais la série commençait à perdre son public de la première heure. Face à cela, les scénaristes ont essayé de pondre une saison 3 aussi inintéressante que la 2eme. Les audiences ne sont plus au beau fixe mais la série se fait quand même renouveler pour une saison 4.
Cette saison 4 est un vrai retour aux sources. Avec Taylor (la génialissime Autumn Reeser) qui entre dans le générique mais aussi Kaitlin la 2eme fille de Julie, la série reprend son côté amusant de la saison 1. Un côté loufoque mais assumé. Taylor rend Ryan drôle, Seth devient un boulet à cause d'un Adam Brody qui avait oublié comment jouer la comédie. Les parents ne sont pas en reste. Sandy reprend son boulot de la première saison pour aider les gens et Kirsten fait fleurir son entreprise de rencontres avec l'aide de Julie. Tous les ingrédients pour faire repartir la série sont réunis mais la sauce ne prend pas. Les fans de la première heure ne reviennent pas et la série ne parvient plus à résister contre les mastodontes de CBS (CSI : les Experts) et ABC (Grey's Anatomy). Cette dernière saison est arrivée à m'en faire regretter l'annulation que j'attendais depuis la saison 2. Du rire, des larmes, de la joie, tout était revenu mais il était déjà trop tard. Le tout dernier épisode de la saison montre brièvement les vies des personnages dans le futur et se finit sur Ryan voulant aider un jeune qui comme lui semblait perdu. La boucle est bouclée.
C'était pas la série du siècle mais c'était très agréable à regarder tant que ça ne se prenait pas au sérieux. Qui aurait pu croire qu'un soap a pu devenir une série aussi bonne. Pas France 2 en tout cas qui n'a pas su diffuser cette série. M6 fera peut-être un meilleur travail. Au revoir The OC.
23 février 2007
Les Co-fond' superstars !
Attention, cet article contient de petits spoilers sur Veronica Mars (02x03 et 02x13), Smallville (6x11)

La balise spoiler n'est là que pour faire joli puisque qu'on n'apprendra pas grand chose sur les épisodes à venir (à part des détails qui peuvent être importants bien sûr mais peu importe, j'ai prévenu et ceux qui se feront spoiler ne pourront pas m'en vouloir).
Voilà, maintenant que je me suis dégagée de toutes les responsabilités, il est peut-être temps d'entrer dans le vif du sujet. Pour mon tout premier article sur ce blog, je tenais à présenter les personnes qui sont à l'origine de SeriesParadise (SP pour les intimes et les fainéants). Ce sont des personnes exceptionnelles et passionnées par les séries télévisées. Je pourrais citer les quelques merveilleuses séries que nous suivons ou que nous adorons (hi hi, Veronicaaaa) mais cela ne prouverait pas vraiment à quel point nous aimons ces séries. Le mieux est quand même d'avoir participé aux tournages de certaines d'entre elles.
Et oui, que ceux qui peuvent prétendre avoir tourné dans Buffy, Angel ou même la jeune Veronica Mars essayent de lever la main. D'autres préfèreront se cacher s'ils avaient tourné dans une série niaise mais même niaise, une série a toujours quelque chose à apporter à ses acteurs (du pognon principalement).
Commençons tout d'abord par notre journalisto-webmiss-dindougnoude Riri. Elle ne chôme pas en fin d'année puisque vous pouvez la retrouver tous les ans dans presque
toutes les séries. En effet, même le H5N1 ne suffit pas pour se débarasser de ces volatils. Chaque année, chaque foyer fêtant Thanksgiving a le droit à sa dinde et c'est dans ces moments que Riri est engagée. Ne vous inquiétez pas, il ne lui est fait aucun mal, elle est juste farcie, rôtie dans son jus et servie en belles tranches. Tout cela finit dans le ventre des Américains bien nourris.
Ensuite, toujours dans le rayon cuisine, on retrouve notre Yayout adoré. Yoko fait partie de cette espèce que l'on retrouve dans les frigos de personnes qui aiment avoir de bons os bien solides. Je ne l'ai pas encore vue dans Bones mais je suppose que cela ne va pas tarder à se faire. Vous imaginez Temperance dire à ses collègues que la victime n'a pas mangé assez de yayout pendant sa jeunesse ? Qui mieux qu'un vampire pour nous indiquer où chercher sa ration quotidienne de calcium ?
C'est étrange mais dans l'équipe, nous avons plusieurs personnes comestibles. Ne
nous demandez pas qui sera mangé en premier si nous étions toutes les six sur une île déserte. La réponse est d'une telle évidence... c'est la magnifique dinde au yayout et au jus de Finanas rôtie au feu de paille. Là je vous vois vous demander ce qu'est un Finanas. C'est tout simplement un ananas qui a eu ses cheveux crâmés lors d'un raid chez TF1 pour demander à la chaîne de diffuser les saisons inédites d'Angel et qui a eu la chance d'avoir un pingouin qui lui a réalisé une coiffure avec un ficus. Voici une photo du Finanas du temps où elle avait encore tous ses cheveux.
Mais comment rôtir une dinde sur une île déserte me direz-vous. Si vous aviez une botte de paille à portée de main, vous ne vous poseriez pas de question et vous sortiriez immédiatement votre briquet/loupe/allumette pour la brûler. C'est ce que Clark n'a toujours pas fait, heureusement pour notre Paillus/Cactaille/Paille Peur adorée. Encore des noms barbares ? Oui, c'est notre spécialité. Elle n'a pas eu sa chevelure brûlée par accident. Non non non, cette fois-là, nous avons brûlé ses tifs par simple plaisir (et de toute façon elle devait le mériter. Surtout qu'elle a eu l'audace de nous spoiler sur une série que le pingouin et moi-même suivions avec un attention toute particulière).
Rien que pour le plaisir, je vais rajouter mes quelques minutes de gloire dans Buffy et Veronica Mars. Pour
Buffy, le tournage a duré qu'une seule journée mais c'était l'un de mes meilleurs tournages. Je suis assez connue pour avoir tourné dans des films (le livre de la jungle, tarzan, George de la jungle), des publicités (les fabricants de voitures aiment me contacter et j'ai récemment participé à la pub de rouleaux d'essuie-tout). Tout cela me rapporte beaucoup de sous mais l'essentiel est de participer à des séries télévisées.
Passons à celle qui a participé à l'un des plus gros cartons des films français. Le film qui a donné envie à Nicole Kidman d'interpréter cet animal. Il s'agit de la Marche de Maeva. Maeva, notre petit pingouinou à nous. Toujours prête à amuser nos concitoyens, elle s'est lancée dans la chanson avec son papa pingouin. Pour tous ceux qui se demandent où trouver un pingouin comme nore Maeva, je leur recommande de chercher du côté du Guatémala où les pingouins sont les plus amusants de la Terre.
Voilà, vous savez tout de nous (ou presque). Il reste encore beaucoup de nos apparitions que je n'ai pas pu citer ici mais il suffit de bien ouvrir vos nyeux nyeux devant votre téléviseur et vous ne pourrez pas nous rater.
18 février 2007
Sweeps Sweet Sweeps
Attention, cet article contient de petits spoilers sur Grey's Anatomy (03x16), Heroes (01x14/15), Desperate Housewives (03x14), Ghost Whisperer (02x16)
Sweep [n. ang.] : A l'origine, les sweeps désignaient quatre périodes durant l'année, février, mai, juillet et novembre, durant lesquelles un échantillon représentatif de la population américaine prenait note de ses habitudes en matière de télévision et les transmettait à Nielsen Media, sur la côte ouest (les données traversaient ainsi le territoire, d'où le terme "sweeping"). L'institut établissait alors un classement des programmes les plus suivis.
Bien que cette technique d'audimat ait subi bon nombre de critiques et qu'elle ne soit plus vraiment d'actualité grâce aux progrès techniques en ce domaine, le concept est resté, notamment pour les séries télévisées. On compte désormais deux périodes de sweeps : février et novembre. Les audiences que les épisodes obtiennent déterminent ensuite, en théorie, l'avenir des séries. Un excellent score aux sweeps de février assure normalement un renouvellement pour l'année suivante.
Comme vous l'aurez deviné, nous sommes actuellement en pleine période de sweeps... et ça se sent. C'est généralement un mois béni pour les fans de séries que nous sommes, car les producteurs mettent le paquet pour attirer un maximum de téléspectateurs : qui dégainera la guest star la plus populaire ? Qui écrira le scénario le plus exaltant ? En clair, la qualité des épisodes monte en flèche et le public ne sait plus où donner des yeux afin de ne pas rater l'événement dont tout le monde parlera ensuite.
Pour certaines séries, on préfèrerait s'en passer... Grey's Anatomy, par exemple, pour ne pas la citer. Les producteurs nous laissent espérer que Meredith va y passer, comme si nous étions assez stupides pour tomber dans le panneau (ben oui, c'est l'héroïne, ils ne vont pas la tuer !).
Pour d'autres, on se rend à peine compte que ce sont les sweeps : Heroes, dont nous désespérons depuis quelques semaines que l'histoire avance un peu. Pas de copain célèbre pour Claire ou Parkman, pas de scénario exaltant, pas même de réunion improbable digne de nous donner des frissons, comme à ses débuts... Et pourtant, on ne peut pas dire que la révélation du lien de parenté entre Claire et Nathan n'ait offert matière à écrire des rebondissements fascinants, ou que la victoire de Jessica sur Niki aille sans conséquence sur les événements à venir. Je ne vais pas commencer la critique des épisodes 14 et 15, mais ce n'est pas l'envie qui me manque de les descendre en flèche. Passons !
Cependant, il reste des séries (ouf) dont les sweeps s'avèrent d'excellents stimulants. Je citerai à cette occasion Ugly Betty, même si, dans cette série, on a l'impression à chaque épisode que c'est la fête des sweeps, Bones, qui a réalisé trois fois de suite les meilleures audiences de son histoire, Desperate Housewives, où ils ont enfin réussi à tuer Orson (gniiii), Ghost Whisperer, durant lequel j'ai failli avoir une crise cardiaque à plusieurs reprises (les prises d'otage, ça marche toujours, pour moi), ou encore Dirt, sur lequel je m'attarderais bien, mais on va encore m'accuser de favoritisme (Courteneeeeeeey ^^). J'oublie bien sûr beaucoup de séries dont les épisodes des dernières semaines m'ont littéralement passionnée (Prison Break, 30 Rock, Brothers and Sisters, Shark, How I Met Your Mother, Veronica Mars - ah oui, faut pas que je l'oublie celle-là, sinon je vais me faire mal voir).
Bref, cette période sacrée permet de confirmer les séries véritablement intéressantes, et celles qui font semblant et ne résistent pas, en terme de qualité bien sûr, à la concurrence de leurs grandes soeurs.
Pour terminer, j'aimerais remettre la palme du Sweep à... Ugly Betty : Rebecca Romijn, Lucy Liu, Christopher Gorham, Jayma Mays, j'ai été bluffée, quand même, à tel point que j'ai presque été déçue que Sarah Jessica Parker ne débarque pas à la fin de l'épisode - ne soyons pas trop exigeants ; et si ça se trouve ce n'est qu'une question de semaines avant qu'elle ne vienne dire coucou à Betty.
(Je précise que j'aurais bien remis une autre palme à Dirt mais on va encore m'accuser de favoritisme ;p).
Alors, comme on dit là-bas, sweet purple sweeps à tous !
15 février 2007
C'est le Destin de Lisaaaaaaa... (air connu)

On ne lui prédisait pas un avenir exceptionnel... Après tout, rares sont les séries allemandes qui survivent bien longtemps dans notre hexagone, mis à part Derrick qui, 33 ans après sa création, vient toujours nous aider à digérer tous les après-midi à 13h45. Plus rares encore sont les séries allemandes qui obtiennent des audiences correctes et tiennent bon. Et pourtant, Lisa défie chaque jour la concurrence des autres chaînes et s'accroche ferme dans le top de sa case horaire. 2,5 millions de téléspectateurs ont suivi ses débuts. 5 semaines plus tard, la série s'offre le luxe de descendre d'une heure dans la grille de TF1, en passant à 17h25, et ce, grâce aux excellentes audiences qu'elle enregistre auprès des ménagères de moins de 50 ans (la fameuse cible préférée des annonceurs).
Au vu de ces brillants résultats, je n'ai pas résisté à l'envie de faire mon big coming-out : oui, je regarde Le Destin de Lisa, oui, j'apprécie cette heure de détente, oui, il m'arrive de me presser sur le chemin du retour de la fac pour ne pas manquer le début, et non, je n'ai plus honte de ça. C'est mon guilty pleasure comme ils disent chez nos copains d'outre-Atlantique. Pourquoi ai-je regardé, en premier lieu, cette série ? Eh bien, disons que je voulais voir comment les Allemands massacraient l'excellente Ugly Betty, avant de me rendre compte qu'en réalité, les deux séries sont inspirées de Yo Soy Betty La Fea. Bref, j'ai goûté et depuis, je n'ai pas lâché.
Des Lisa, on en rencontre à tous les stades de notre vie. Mais oui, vous savez, ces filles qui détonnent toujours dans le décor, et à qui vous auriez bien envie de lancer des tomates pourries si elle n'affichait pas cet air de chien battu en permanence. A l'école primaire, Lisa, c'est la gamine qui porte des collants en laine blancs, avec un trou au niveau du genou parce que la terreur ambulante l'a poussée du tobogan. Au collège, on la retrouve avec des lunettes en forme de hublots, une frange énorme et une queue de cheval mal centrée. Au lycée, elle a encore ses magnifiques lunettes, et se balade désormais en arborant un appareil dentaire qui lui donne un sourire de chemin de fer. Elle n'a pas changé de collants, qui s'accompagnent à présent d'une jupe mi-longue en housse de canapé mêlée de rideau de cuisine, et d'un gilet des années 50.
Lisa, c'est la fille avec qui on peut devenir copine en deux minutes, parce qu'elle est prête à se mettre en 4 pour nous faire plaisir. Lisa, c'est la tête-de-turc des frimeurs, qui ont besoin de quelqu'un de faible pour asseoir leur puissance. Lisa, c'est la fille qui tombe pour tous les bourreaux des coeurs, du moment qu'elle sait - au moins inconsciemment - qu'elle n'a aucune chance avec eux. Lisa, c'est ma voisine de quand j'étais petite et avec qui je jouais à l'instit le dimanche après-midi (sauf qu'elle ne portait pas d'appareil dentaire à l'époque).
Voilà, Lisa c'est tout ça... Alors quand elle est portée à l'écran et qu'en plus, elle est l'héroïne de la série qui porte son nom, forcément elle nous touche parce que nous avons tous rencontré une Lisa à un stade de notre vie. Bien sûr, Le Destin de Lisa est loin d'être un chef d'oeuvre du petit écran. L'histoire rebondit moins qu'une tasse sur du carrelage, les cliffhangers palpitent à peu près autant que ceux de 7 à la Maison et les personnages ont l'épaisseur d'une boîte de conserve passée sous un rouleau compresseur. Mais il faut bien admettre que les épisodes sont plaisants à suivre : pas de prise de tête inutile, quelques rires ça et là pour se moquer - gentiment toujours - de la pauvre héroïne... En clair, un moment agréable à passer, qui nous rassure par la même occasion : "Non, je ne suis pas aussi grave. Je n'aurais jamais mis un gilet vert caca d'oie avec une jupe jaune." :p
11 février 2007
Primeval ou la série qui aurait donné un orgasme à Ross
Attention : cet article contient des spoilers sur l'épisode 01x01
Les Anglais sont passés maîtres dans l'art des séries comiques, nous le savons depuis un moment. Mais ce que nous savons déjà moins, c'est qu'ils maîtrisent aussi d'autres genres. Depuis hier soir, Primeval a débarqué sur les écrans d'iTV1, et autant dire que cette nouvelle série de science-fiction risque de faire jaser, chez nos amis british, et chez nous également, lorsque nos chaînes en auront acquis les droits. Quel dommage que Friends soit fini, je suis sûre que Chandler aurait trouvé une excellente boutade pour taquiner Ross !
Tout commence lorsqu'un journaliste publie un article avec, en photo, un dinosaure, un peu sombre et flou, mais dont la forme ne trompe pas, et qui attire la curiosité de Nick Cutter. Celui-ci se rend avec son assistant et l'un de ses étudiants (qu'il n'avait jamais vu, du reste), sur les lieux de cette mystérieuse apparition. Un peu dubitatif au début, il se laisse finalement convaincre lorsqu'il tombe nez-à-nez avec... un dinosaure. Entre temps, il a rencontré Abby l'amoureuse des lézards, Claudia la fonctionnaire et le très irritant James Lester, employé du gouvernement.
Ils découvrent alors une sorte de portail spatio-temporel (pas exactement comme la porte des étoiles, mais pas loin), grâce auquel ils peuvent aller et venir à volonté entre leur époque et celle des dinosaures. Mais le portail nécessite visiblement une bonne dose d'énergie, et il disparaît... temporairement, je suppose.
Le point de départ de Primeval est assez convenu, il faut bien l'admettre : un phénomène étrange, presque surnaturel, se produit ; on fait appel à un brillant professeur pour résoudre le mystère ; on ajoute quelques séances de course-poursuite entre les dinosaures et les humains, même quelques batailles, pour pimenter le tout, et le tour est joué. Ah oui, j'oubliais : l'éternelle amitié entre un des p'tits dinos et les personnages. Un peu de sentimentalisme n'a jamais blessé personne.
Par ailleurs, le début de l'épisode se met en place un peu trop lentement, au point que l'on manque à plusieurs reprise d'arrêter. Mais tenons bon... un nouveau pilote, ça se regarde en entier, et certaines séries ont besoin de passer un certain cap pour acquérir le rythme voulu. Et ouf, cela se produit à la moitié de l'épisode. Une fois que l'on a fait la connaissance de tous les personnages, que l'on sait lesquels on va aimer, lesquels on aura envie de baffer, une fois que le mystère a été élucidé et qu'il ne reste plus qu'à découvrir où les scénaristes veulent nous emmener, alors la série prend son envol. Nous voilà parti pour un joli voyage dans le temps où l'on se rend compte, avec nostalgie, qu'une terre sans construction et verdoyante de vie recèle un charme indéniable.
Après moultes rebondissements et une belle bataille contre le dinosaure carnivore, l'épisode s'achève sur un autre mystère : qu'est-ce-que c'est que cet escargot géant qui a été déposé sur la table du professeur ? Et, plus important encore : qui l'a déposé là ? N'appelons pas cela un cliffhanger (je ne voudrais pas causer une crise cardiaque à JJ), seulement une gentille invitation à revenir la semaine prochaine.








